jeudi 30 mai 2013

Une œuvre sombre et claire, bizarrement méconnue : Simon Hantaï.




Simon Hantaï et ses abstractions célestes au Centre Pompidou









Par, Valérie Duponchelle.


Le Centre Pompidou offre son plus bel espace à ce peintre venu de Hongrie, expérimentateur incessant. Portrait saisissant à travers une œuvre sombre et claire, bizarrement méconnue.



Voilà une rencontre qui risque de surprendre plus d'un amateur de peinture. De Simon Hantaï (1922-2008), le public n'a vu qu'une rétrospective en 1976, pas d'exposition spectaculaire depuis le CAPC de Bordeaux en 1981 et la 40e Biennale de Venise en 1982 (deux flops fort douloureux pour cette âme intense qui se replia en ermite dans son monde). Après tant d'années de silence, Hantaï est resté un beau fantôme. L'artiste des pliages, des très grands formats pseudo-géométriques, de la fraîche palette monochrome - azur, outremer, beurre frais, rose, lilas -, synonyme d'abstraction joyeuse qui orne les collections privées de l'Hexagone. Sous sa baguette intuitive, le hasard des plis a transformé ces abstractions célestes en hommage à Matisse.

              Une œuvre tout en bifurcations

Avec l'entêtement des passionnés, les trois commissaires de cette renaissance ont retracé le chaînon manquant entre le natif de Bia (1922), près de Budapest - palette assombrie, couleurs d'alchimiste, rébus figuratifs et énigmes surréalistes - et le feu follet installé à Meun, près de Fontainebleau à partir de 1966 dont les toiles, immenses, se déplient comme des puzzles. Le mystère Hantaï commence dans la bulle étroite des surréalistes, tout en codes et en érotisme subliminal, et bifurque vers le mur de peinture, le tableau infiniment grand et petit à la fois (Écriture rose et A Galla Placidia, peints simultanément pendant un an, en 1958). Les séries se succèdent - les Mariales, les Panses, lesMeuns, les Blancs, les Tabulas - et témoignent d'un artiste farouchement sans limites.
Simon Hantaï. Centre Pompidou. 19, rue Beaubourg (IVe). Tél.: 01 44 78 12 33. Horaires: tous les jours, 11 h-21 h, sauf le mardi. jusqu'au 2 septembre. Catalogue: sous la direction de Dominique Fourcade, Isabelle Monod-Fontaine et Alfred Pacquement (319 p., 49,90 €).

Simon Hantaï, la couleur pliée en quatre

Grande figure de l'abstraction en France, l'artiste inventa le pliage comme méthode esthétique.
Mélancoliesur les paliers vides et dans les escaliers en spirale bleutée, comme les enchaînements de la mémoire. Homme secret et solitaire, Simon Hantaï, 85 ans, peintre abstrait, maître de la couleur, est mort pendant son sommeil, dans la nuit de jeudi à vendredi, à son domicile parisien. L'artiste français d'origine hongroise, qui pliait et compressait la toile avant de la peindre, s'en va au moment où sa place dans l'histoire de l'art est pleinement reconnue. Suite à l'engouement des collectionneurs français, fidèles d'entre les fidèles, et de nos musées (le Centre Pompidou possède une soixantaine de ses œuvres), le marché de l'art si américanophile l'avait enfin couronné d'une enchère record à 560 000 € pour son M.A.4 Rouge historique de 1960, coup de tonnerre en décembre 2005, chez Christie's à Paris.
Né à Bia, en Hongrie, en décembre 1922, Simon Hantaï avait pris la nationalité française, en 1966, et représenté la France, en 1982, à la Biennale de Venise. Il avait étudié aux Beaux-Arts de Budapest avant de s'installer à Paris en 1949. Il participe alors au groupe surréaliste et compose des œuvres en expérimentant déjà le pliage, qui sera par la suite sa marque de fabrique. André Breton, le « pape » du surréalisme, signera la préface de sa première exposition à Paris, en 1953. Hantaï gratte alors la couleur avec des objets incongrus, comme la tranche métallique d'un réveil, pour en révéler les traces en négatif.

              Plus lyrique et gestuel

En 1955, il découvre Jackson Pollock et les peintres expressionnistes américains, se rapprochant de l'abstraction lyrique européenne et de son chef de file, Georges Mathieu. Son style se fait alors plus abstrait, plus lyrique et plus gestuel. En 1955, il réalise Sexe-Prime. Hommage à Jean-Pierre Brisset, « matérialisation d'un moment de délire érotique », jouant sur les creux, retirant la peinture par endroits.
À partir de 1960, il abandonne la toile montée sur châssis et développe sa méthode de pliage, pour réduire les manipulations et remettre en cause le geste artistique et la recherche de toute composition. Les toiles sont pliées de manière plus ou moins fine, froissées et nouées avant d'être peintes, parfois « en aveugle ». L'œuvre n'était révélée qu'une fois dépliée. L'artiste systématisera le principe de « pliage comme méthode » en réalisant des toiles pliées une fois, deux fois, régulièrement, irrégulièrement, avant d'être peintes, etc. Ses séries « Mariales  », « Catamuron », « Meuns », « Tabula » sont désormais pièces de musée ou trophées de nos meilleures collections privées.









Brésil : à la recherche des docteurs perdus










 Par, Nicolas Bourcier

Ici, c'est la mère du petit Davi, 2 ans, obligée de monter dans une ambulance de la mairie de Cabeceiras, sa petite ville de l'Etat du Piaui, au nord du Brésil, pour trouver, une cinquantaine de kilomètres plus loin, un médecin de garde pour son fils fiévreux et pris de convulsions.


Là, c'est Marco Ramiso, 35 ans, chirurgien, débarqué un soir à Santa Cruz, plus au sud, après trois heures de route, pour la visite hebdomadaire de ses patients, quelques instants avant une coupure de courant. Ou encore à Juazeiro do Piaui, à l'est, ses 5 000 âmes, sa dizaine de cascades et aucun généraliste à demeure.


Les histoires se suivent. Elles alimentent chaque jour un peu plus les médias etréseaux sociaux depuis que le gouvernement de Dilma Rousseff a fait part de son intention, le 6 mai, d'engager 6 000 médecins cubains dans les régions isolées et périphériques des grandes villes où les structures de santé sont déficientes. Déclenchant de vives réactions et étalant au grand jour les turpitudes d'un système à bout de souffle.

Dénoncé par le Conseil fédéral des médecins (CFM), le projet a été jugé"électoraliste" et "irresponsable". Dans une lettre à la présidente, l'organisation a dénoncé, lundi 20 mai, l'arrivée "sans critères de médecins étrangers qui va à l'encontre des normes légales et préfigure une médecine à risque pour la population brésilienne". Le président dudit Conseil, Roberto Luiz d'Avila, arguant que les problèmes liés à "l'aide et aux secours ne se limitent pas au manque de docteurs, mais à une gestion de l'ensemble".

Sentant le vent de la polémique, Brasilia a fini par ne plus mentionner Cuba, préférant mettre en avant l'urgence de la situation et l'opportunité d'attirer des praticiens... espagnols ou portugais. "Nous sommes en manque de médecins", a expliqué Alexandre Padilha, ministre de la santé. Et d'ajouter : "En Espagne, il y a 20 000 professionnels de ce secteur à la recherche d'un emploi. Nous n'allons pas laisser passer cette opportunité."

L'aveu est de taille. Septième économie du monde, en situation de quasi-plein-emploi, le Brésil occupe la 72e place en termes de dépenses de santé par individu. Pour 1 000 habitants, le pays dispose de 1,8 praticien, moins que le Royaume-Uni(2,7), l'Argentine (3,2), le Portugal ou l'Espagne (4). A cela s'ajoute une inégalité régionale criante d'accès aux soins. Dans le Nord et le Nordeste, certains Etats oscillent entre 0,6 et 0,8. Le taux des médecins est de trois à quatre fois plus élevé dans le Sud et le Sud-Est. Six fois plus à Brasilia (4,1). Avec un médecin pour 232 habitants, la ville de Sao Paulo bat les records nord-américains ou allemands.

                "MOUVEMENT PERVERS"
Selon l'Organisation mondiale de la santé, l'investissement public est de 317 dollars (245 euros) par an et par individu. Une somme inférieure de 40% à la moyenne mondiale (517 dollars). Or, deux tentatives visant à augmenter les dépenses ont échoué au Congrès ces dernières années, les députés de l'opposition ayant refusé la création d'un nouvel impôt. De son côté, le gouvernement a mis son veto à une quinzaine de projets de réglementation, approuvés par le Sénat à la fin de 2011.

"Le Brésil verse 2 reais (0,75 euro) par habitant et par jour pour l'ensemble des besoins, qui vont de la lutte contre les épidémies de dengue à des actes de haute chirurgie, c'est peu, souligne Nacime Salomao Mansur, de l'Association pauliste pour le développement de la médecine. Les dépenses de santé représentent 8% du PIB, mais 4,5% proviennent du privé, soit plus qu'en Europe. A cela s'ajoute une stagnation des investissements fédéraux qui pourrait avoir un effet catastrophique." Un danger que dénonce Mario Scheffer, professeur à la faculté de médecine de Sao Paulo, dans un long entretien à l'Estado de Sao Paulo. Selon lui, le pays est engagé dans "un mouvement pervers : souvent, les médecins ayant reçu une faible formation finissent par s'occuper des populations les plus nécessiteuses. C'est une médecine pauvre pour les pauvres".

Pour le ministre de la santé, "faire venir des médecins étrangers qualifiés ne doit pas être un tabou ", rappelant que 147 000 places avaient été créées par les autorités, entre 2003 et 2011, et que seules 119 000 ont été occupées à ce jour."La politique salariale et les plans de carrière régionaux n'ont pas été suffisants",a-t-il admis. Pour compléter ce sombre tableau, M. Padilha a rappelé qu'à peine 1% des médecins brésiliens se sont formés à l'étranger, contre 40% des professionnels anglais.

Selon les chiffres officiels, le Brésil dispose de 2 399 médecins originaires de 53 pays, qui, à l'image de ses propres praticiens, se concentrent au coeur des grandes villes et dans le sud du pays. La preuve, selon le CFM, que le pays n'a pas besoin d'une politique d'importation de médecins. Mais d'augmentation salariale de 10 % dans ces zones isolées, comme il le réclame.

A Brasilia, on annonce avoir bouclé les derniers détails d'un accord pour l'envoi de médecins espagnols dans le Nord et le Nordeste. La durée serait de trois ans. 
Pour voir
















mardi 28 mai 2013

« Subway drawings » Keith Haring




Ses « subway drawings » réalisés dans le métro, ses peintures, ses dessins et sculptures, étaient porteurs 
de messages de justice sociale, de liberté individuelle et de changement. 















Artiste subversif et militant, Keith Haring a multiplié les engagements tout au long de sa vie : très jeune,
il était animé par une envie de transformer le monde.

En utilisant délibérément la rue et les espaces publics pour s’adresser au plus grand nombre, il n’a cessé de lutter contre le racisme, le capitalisme et toutes sortes d’injustice et de violence, notamment l’Apartheid en
Afrique du sud, la menace de guerre atomique, la destruction de l’environnement, l’homophobie et l’épidémie du sida (dont il est mort non sans avoir créé une fondation caritative au profit de la lutte contre la
maladie).






















Le Biennale d'Art au Monde : Allé - Retour




 "Mon opinion que l'avenir de l'art ne pas lie directement a le sujet de le Biennale au monde. Le trace de la création continue dehors do triangule que ce trace de une Biennale a outre. La surprise de moment ne pas arrive au rendez-vous." 
Francisco Rivero  


La bataille mondiale des biennales d'art

 Par,Valérie Duponchelle

Une biennale chasse l'autre: hier Sharjah, aujourd'hui Venise, bientôt Lyon, Istanbul, Singapour. L'art, comme la musique, devrait adoucir les mœurs et imposer un tempo plus humain. Mais lorsque l'on dénombre soixante biennales et triennales en cours de gestation, on mesure l'enjeu frénétique de la compétition internationale. Le 13 mai s'achevait la XIe édition de la Biennale de Sharjah, bulle réflexive et étonnamment sobre dans les Émirats arabes unis, synonymes d'or noir, de pouvoir d'achat gros comme l'Hôtel Lambert et de grosse soif contemporaine. Délibérément, la jeuneCheikha Hoor, 32 ans, fille de l'émir Sultan Bin Mohamed al-Qasimi, s'est maintenue en artiste à l'écart des créateurs de foires. Elle a repoussé les prétendants du marché vers l'émirat voisin de Dubaï et inauguré sa biennale une semaine avant Art Dubai pour éviter l'amalgame art-argent et le zapping sauvage du consommateur.
La compétition était déjà ailleurs. De bonne source, nous savons que le Qatar prépare en grand secret «sa» biennale pour 2014, soit en alternance avec celle de l'émirat de Sharjah, rival aux moyens moins somptuaires et aux goûts intellos forgés sur l'exemple de la Documenta de Cassel. Comment sera cette concurrente de Doha qu'elle se promet, princière, de produire de A à Z? Rien ne filtre officiellement. Si ce n'est que le jeune Marocain Abdellah Karroum, directeur artistique de la Fondation Pierre de Monaco et futur directeur du Mathaf (Musée arabe d'art moderne), quittera Venise samedi 1er juin pour prendre ses fonctions à Doha. Il ne devrait pas être en charge de cette biennale du Moyen-Orient confiée à un collège d'experts. Du moins pas tout de suite, précise une source fort discrète.
De Marrakech (Maroc) à Melbourne (Australie), de Naples (Italie) à Lintz (Pologne), de La Havane (Cuba) à Kiev (Ukraine), la liste des biennales d'arts plastiques est aussi vertigineuse que le parchemin d'un apprenti sorcier. «Une trentaine d'entre elles sont vraiment intéressantes et une dizaine, indispensables, résume Jean de Loisy, président du Palais de Tokyo, à Paris. Je ne raterai pas Sharjah qui, depuis deux éditions, sous l'impulsion de Cheikha Hoor, s'est imposée comme une référence. La manière dont l'art in situ joue de l'espace public est édifiante. La performance de l'artiste égyptien Wael Shawky, qui a mis la censure de la Biennale 2011 en musique, a fait sensation.»
Une biennale, c'est une énorme pièce de théâtre qui doit dire son temps
Massimiliano Gioni, commissaire de la 55e Biennale de Venise
Sur sa feuille de route, Jean de Loisy note toujours Venise, Istanbul et Lyon. Et la Biennale de Gwangju (Corée du Sud), laboratoire qui a su repérer les plus brillants commissaires de la jeune génération. À commencer par Massimiliano Gioni, qui est celui de cette 55e Biennale de Venise cette année. «Une biennale, dit-il, c'est un lieu, une histoire, un symbole, un groupe d'artistes, des commissaires, un engagement et une recherche. C'est-à-dire une énorme pièce de théâtre qui doit dire son temps.»
Avant, c'est-à-dire il y a vingt ans, trois rendez-vous incontournables - Venise, Paris et Sao Paulo - faisaient paisiblement voyager les amateurs d'art autour du globe terrestre. S'y ajoutait Documenta l'intello qui depuis 1955 brasse les idées de l'art pendant cent jours, tous les cinq ans, à Kassel, au cœur de l'Allemagne la plus verte. Créée en 1959, au Musée d'art moderne de la Ville de Paris, avec «une sculpture qui fait de la peinture» de Jean Tinguely, la Biennale de Paris a disparu de ce circuit vénérable en 1987. «C'est complètement fou! Désormais, il y en a une par semaine ou à peu près, on reçoit un e-mail toutes les cinq minutes. Impossible de suivre pareille cadence infernale!», note Alfred Pacquement, directeur du Musée national d'art moderne au Centre Pompidou.

             Un fil d'Ariane

Il y a, analyse-t-il, deux types de biennales. Celles qui «produisent de l'information à grande échelle et dont la championne reste Venise», vivier d'artistes plus ou moins connus, plus ou moins cotés, à écumer avec la foi de l'inventeur, la méthode drastique du géomètre et des jambes de cycliste. Et celles qui se «construisent autour d'un thème, fil d'Ariane dont Documenta est la souveraine absolue, ou expédition en terra incognita, autour d'un continent entier comme la Biennale de Sao Paulo ou la Bienal do Mercosul de Porto Alegre, moisson qu'il s'agit de décanter, de digérer, de travailler.» Et de s'émouvoir du si large public brésilien, qui faisait la queue à la Biennale de Sao Paulo 2012 pour entrer dans le bâtiment historique dessiné par feu Oscar Niemeyer en 1957 et aller, en masse, à la rencontre de l'art contemporain.
La cote des biennales monte et descend selon les éditions, le programme, le choix des artistes, leurs commis­saires, et la mode aussi. Tout le monde courait à la Biennale de La Havane, au Whitney Museum de New York et à Shanghaï. Tout le monde parle aujourd'hui de Sharjah, de Kochi (dans l'État de Kerala, en Inde) et d'Istanbul.

               Comme des vampires

Abondance de biens nuit-elle? D'avis de pro, le vernissage de la Biennale de Venise, avec ses bouchons d'habitués collés-serrés dans le vaporetto qui relie l'Arsenal aux Giardini, les debriefings à bâtons rompus sur les meilleurs pavillons et les dîners obligés, «tout cela constitue une frénésie artificielle, un rien absurde, digne du Festival de Cannes». Le vrai public est ailleurs, qui vient plus tard, au fil de l'été, flâner comme bon lui semble, quitte à se perdre dans Venise comme les personnages errants du vidéaste Steve McQueen, exposé actuellement au Schaulager de Bâle. «C'est une très bonne chose que toute cette production d'informations artistiques qui sort des lois du marché, particulièrement fort puisque 900 millions de dollars d'art contemporain se sont vendus en deux jours d'enchères début mai à New York», estime l'Islandais Gunnar B. Kvaran, directeur de l'Astrup Fearnley Museet d'Oslo et commissaire de la prochaine Biennale de Lyon, en septembre. D'avis général, la bataille la plus sanglante oppose les biennales et les foires, vues comme des satellites ou des vampires.
«Difficile de dire qu'il y a trop de culture», souligne Yves Aupetitallot, directeur du Magasin, le centre d'art de Grenoble. «Trop de biennales? Si vous êtes à Tirana ou à Taïpeh, il y en a une ou il n'y a rien», résume Hans Ulrich Obrist, codirecteur de la Serpentine Gallery de Londres et grand manitou de la planète art. Ce lecteur quotidien d'Édouard Glissant opposant «modernité et mondialisation» est déjà passé à la vitesse supérieure, soit des festivals d'un troisième type conçus à long terme et qui prédisent l'avenir de l'art.
















dimanche 26 mai 2013

O tempo da beleza




" Tudo começa agora" Caderno de artista. 28/07/2004. Francisco Rivero




" Tudo começa agora "Caderno de artista. 28/07/2004. Francisco Rivero










O tempo da beleza é o caminho do arco-iris e o olhar que faz renascer na cidade de Havana. Uma visita memoravel, Beyoncé e Jay.









L'énigme est au-delà de la magie. Nouvelle Création




 C'est un monde d'images, où l'on fait appel à la fantaisie du spectateur qui essaiera de déchiffrer cette réalité étrange que mon art a créée, dans lequel le visible cache l'invisible sous ses multiples formes.





" Todo comienza ahora " ( Tout commence maintenait ) Cahier de artiste. 19 x 25 cm. T.mixte. 28/07/2004
















samedi 25 mai 2013

" El apellido " poema de Nicolas Guillen




A mon père
25 mai 1906  












El apellido 
(De Elegías, 1948-1958)
I
Desde la escuela
y aun antes... Desde el alba, cuando apenas
era una brizna yo de sueño y llanto,
desde entonces,
me dijeron mi nombre. Un santo y seña
para poder hablar con las estrellas.
Tú te llamas, te llamarás...
Y luego me entregaron
esto que veis escrito en mi tarjeta,
esto que pongo al pie de mis poemas:
las trece letras
que llevo a cuestas por la calle,
que siempre van conmigo a todas partes.
¿Es mi nombre, estáis ciertos?
¿Ya conocéis mi sangre navegable,
mi geografía llena de oscuros montes,
de hondos y amargos valles
que no están en los mapas?
¿Acaso visitasteis mis abismos,
mis galerías subterráneas
con grandes piedras húmedas,
islas sobresaliendo en negras charcas
y donde un puro chorro
siento de antiguas aguas
caer desde mi alto corazón
con fresco y hondo estrépito
en un lugar lleno de ardientes árboles,
monos equilibristas,
loros legisladores y culebras?
¿Toda mi piel (debí decir),
toda mi piel viene de aquella estatua
de mármol español? ¿También mi voz de espanto,
el duro grito de mi garganta? ¿Vienen de allá
todos mis huesos? ¿Mis raíces y las raíces
de mis raíces y además
estas ramas oscuras movidas por los sueños
y estas flores abiertas en mi frente
y esta savia que amarga mi corteza?
¿Estáis seguros?
¿No hay nada más que eso que habéis escrito,
que eso que habéis sellado
con un sello de cólera?
(¡Oh, debí haber preguntado!)
Y bien, ahora os pregunto:
¿No veis estos tambores en mis ojos?
¿No veis estos tambores tensos y golpeados
con dos lágrimas secas
¿No tengo acaso
un abuelo nocturno
con una gran marca negra
(más negra todavía que la piel),
una gran marca hecha de un latigazo?
¿No tengo pues
un abuelo mandinga, congo, dahomeyano?
¿Cómo se llama? ¡Oh, sí, decídmelo!
¿Andrés? ¿Francisco? ¿Amable?
¿Cómo decís Andrés en congo?
¿Cómo habéis dicho siempre
Francisco en dahomeyano?
En mandinga, ¿cómo se dice Amable?
¿O no? ¿Eran, pues, otros nombres?
¡El apellido, entonces!
¿Sabéis mi otro apellido, el que me viene
de aquella tierra enorme, el apellido
sangriento y capturado, que pasó sobre el mar
entre cadenas, que pasó entre cadenas sobre el mar?
¡Ah, no podéis recordarlo!
Lo habéis disuelto en tinta inmemorial.
Lo habéis robado a un pobre negro indefenso.
Lo habéis escondido, creyendo
que iba a bajar los ojos yo de la vergüenza.
¡Gracias!
¡Os lo agradezco!
¡Gentiles gentes, thank you!
Merci!
Merci bien!
Merci beaucoup!
Pero no... ¿Podéis creerlo? No.
Yo estoy limpio.
Brilla mi voz como un metal recién pulido.
Mirad mi escudo: tiene un baobab,
tiene un rinoceronte y una lanza.
Yo soy también el nieto,
biznieto,
tataranieto de un esclavo.

(Que se avergüence el amo.)
¿Seré Yelofe?
¿Nicolás Yelofe acaso?
¿O Nicolás Bakongo?
¿Tal vez Guillén Banguila?
¿O Kumbá?
¿Quizás Guillén Kumbá?
¿O Kongué?
¿Pudiera ser Guillén Kongué?
¡Oh, quién lo sabe!
¡Qué enigma entre las aguas!
II
Siento la noche inmensa gravitar
sobre profundas bestias,
sobre inocentes almas castigadas;
pero también sobre voces en punta,
que despojan al cielo de sus soles,
los más duros,
para condecorar la sangre combatiente.
De algún país ardiente, perforado
por la gran flecha ecuatorial,
sé que vendrán lejanos primos,
remota angustia mía disparada en el viento;
sé que vendrán pedazos de mis venas,
sangre remota mía,
con duro pie aplastando las hierbas asustadas;
sé que vendrán hombres de vidas verdes,
remota selva mía,
con su dolor abierto en cruz y el pecho rojo en llamas.
Sin conocernos nos reconoceremos en el hambre,
en la tuberculosis y en la sífilis,
en el sudor comprado en bolsa negra,
en los fragmentos de cadenas
adheridos todavía en la piel;
sin conocernos nos reconoceremos
en los ojos cargados de sueños
y hasta en los insultos como piedras
que nos escupen cada día
los cuadrumanos de la tinta y el papel.
¿Qué ha de importar entonces
(¡qué ha de importar ahora!)
¡ay! mi pequeño nombre
de trece letras blancas?
¿Ni el mandinga, bantú,
yoruba, dahomeyano
nombre del triste abuelo ahogado
en tinta de notario?
¿Qué importa, amigos puros?
¡Oh, sí, puros amigos,
venid a ver mi nombre!
Mi nombre interminable,
hecho de interminables nombres;
el nombre mío, ajeno,
libre y mío, ajeno y vuestro,
ajeno y libre como el aire




mardi 21 mai 2013

Le Louvre étant le miroir de l'histoire, se trouve là miroité par moi-même.





Michelangelo Pistoletto au Louvre, un goût de Paradis




              INTERVIEW - Le musée parisien invite le patriarche de l'Arte Povera, né en 1933, à Biella, où il a créé sa «Cittadellarte». Rencontre avec un tribun, un conceptuel et un charmeur à l'italienne

           Comment un «artiste-visiteur» comme vous aborde-t-il le Louvre?

MICHELANGELO PISTOLETTO. - Je l'ai abordé comme tout le monde. En entrant, en regardant, en me promenant d'œuvre en œuvre. C'est une occasion exceptionnelle que d'y confronter mon travail sur le tableau-miroir qui prend son départ dans les fonds ors byzantins. J'aime pouvoir souligner ici cette relation ­directe. Mais entre ces deux points, il y a nombre de phénomènes, la Renaissance, le baroque, spécialement dans l'art italien… Donc, il s'agit de mettre mes œuvres en rapport avec le passé. Par le tableau-miroir, je peux joindre le passé et le présent dans le même regard, le même espace et le même temps. Le Louvre étant le miroir de l'histoire, se trouve là miroité par moi-même.
Que vouliez-vous souligner par votre installation? Que vouliez-vous éviter?
J'étais tellement engagé dans la recherche des bons lieux pour créer les bons rapports, je ne vois que le positif. Il s'agissait d'abord d'éviter de déranger. Dans la grande salle de la peinture italienne qui mène à La Joconde , on a décroché quelques tableaux, très peu, pour pouvoir photographier le tableau-miroir et voir la proximité des œuvres qui annoncent La Joconde.
Vous aimez «La Joconde»?
Pas plus qu'un autre grand tableau italien. C'est un mythe. Et maintenant je propose un autre mythe - le Troisième Paradis - pour le ­futur (rires). Les gens ont besoin de mythes. Je leur propose d'évoquer la réalité mais avec un surplus, une conception du réel.
N'est-ce pas la définition même de l'artiste?
Oui, bien sûr, mais dans le Louvre, on a tout concentré en un seul lieu. L'art est un reportage de l'esprit, la transposition du temps, de sa réalité dans quelque chose de durable. À travers l'art, on peut toujours voir quel est le concept d'un moment historique. L'art moderne, né au début du XXe siècle, a ainsi créé une autonomie de l'art qui n'a jamais existé au préalable. L'artiste a joui d'une liberté nouvelle et entière. Même le manque de représentation, c'est une représentation de la liberté.







Vous sentez-vous héritier de Marcel Duchamp avec vos tableaux-miroirs  qui reflètent le public du Louvre?
Marcel Duchamp a fait beaucoup, mais moi j'ai œuvré comme artiste seul, sans le connaître. À Turin, on ne voyait pas la Fontainede ­Duchamp, ni les autres de ces ready-made qui bouleversèrent New York ou Paris. J'ai découvert Duchamp très tard, à Paris dans la galerie d'Ileana Sonnabend (l'ex-épouse de Leo Castelli, NDLR) par Annina Nosei, toute jeune femme à l'époque et pas encore la grande galeriste de New York. Elle a écrit que le seul artiste avec lequel je pouvais entrer en consonance, c'était Duchamp. Et moi, je lui ai dit: «Qui c'est, ce Duchamp?» (Rires) Quand j'ai vu mes premiers ready-made, j'ai compris tout de suite la loi de l'objet trouvé, déjà à l'œuvre chez les Nouveaux Réalistes. Cela ne m'a pas frappé outre-mesure, j'avais vu Arman avant Duchamp! J'ai juste reconstruit l'histoire et rendu sa place à chacun. Longtemps après, j'ai vu qu'il y avait peut-être un rapport entre Le Grand Verre (œuvre inachevée de Marcel Duchamp de 1923, icône du Musée d'art moderne de Philadelphie) et le tableau-miroir. La différence est que Le Grand Verre nous fait toujours regarder dans la même direction de la Renaissance, c'est-à-dire devant nous avec la perspective et la ligne de fuite. Le Grand Verreempêche de passer. S'il se retrouve aujourd'hui à ­Philadelphie, c'est que finalement les États-Unis sont les grands ­objets trouvés! (Rires) C'est pour cela que les artistes américains du Pop Art ont fait le triomphe de Duchamp. Le ready-made, c'était l'Amérique, le projet définitif, le point final de la perspective! Tandis que dans le tableau-miroir, la perspective est renversée.
Vous êtes né dans la peinture, avec un père restaurateur de tableaux…
Oui, et le miroir emprunte à cette tradition, renvoie directement à la peinture, l'autoportrait. J'ai commencé à faire de la restauration à 14 ans avec mon père. Mes premiers tableaux furent d'ailleurs des autoportraits dont les fonds unis, monochromes et brillants, annonçaient le miroir (ils ont été exposés cet hiver auKunstmuseum Basel avec la collection d'Arte Povera ­d'Ingvild Goetz).
Le vrai changement est de passer de l'autoportrait classique de l'artiste à l'autoportrait collectif des spectateurs qui se reflètent dans l'œuvre de façon infinie. L'artiste n'est plus seul dans la toile, comme par le passé (je fais exception des Ménines de Vélasquez, une tentative d'incorporer le public qui relève plus d'un trucage que d'un principe). Il y avait tout le monde avec moi. C'est devenu un autoportrait du monde entier.
Michelangelo Pistoletto, exposition, conférences-rencontres, spectacle , musée du Louvre (Ier) Tél.: 01 40 20 50 50. Horaire: tlj, 9 h à 17 h 45, sauf mardi ; les mercredis et jeudis, nocturnes 21 h 30. À l'auditorium du Louvre, «Faces à Faces» avec l'artiste le 17 mai (Nicola Setari), le 22 mai (Jean-Max Colard) et le 30 mai (Aurélien Barrau). Jusqu'au 2 septembre. Cat.: «Michelangelo Pistoletto - année I, le Paradis sur Terre», Musée du Louvre  Éditions Actes Sud (180 €). DVD (39 €).










Le maître portraitiste du Siècle d'or : Frans Hals



Frans Hals en prestigieuse compagnie










Régentes d'hospice ou bouffons avinés, officiers de la garde civile posant l'air sévère ou, au contraire, arborant les joues roses d'un banquet en cours: aussi bien austères qu'épicuriens les Hollandais de Frans Hals (1582-1666) dégagent une vitalité et une vérité que seulRembrandt surpasse. Voilà d'ailleurs, dans son musée de Haarlem qui célèbre cette année son centenaire, le maître portraitiste du Siècle d'or, qu'admirèrent Van Gogh et Manet, confronté à ses contemporains ainsi qu'à ses aînés, nordiques et vénitiens.
Du moins partiellement. Car les prêts, bien qu'insignes, sont loin de suffire à un exercice de cette ambition. On appréciera toutefois dans la première salle Enfant avec des chiens, de Titien (Musée Boijmans Van Beuningen de Rotterdam), et Moïse sauvé des eaux, de Tintoret (Prado, Madrid). Ils rappellent que Karel van Mander, le maître de Hals, aimait la sprezzatura - cet effet de naturel proche de la nonchalance mais qui cache en réalité un art consommé. Le brio rapide du Haarlemois découlerait-il de celui des coloristes de la cité des Doges? Cela reste à démontrer plus précisément.

              Un pinceau vangoghien

De même la confrontation avec Rembrandt n'est pas vraiment détaillée. À quel point ces deux-là se sont-ils regardés? Il ne suffit pas de rapprocher l'exquis Enfant riant de Hals et le célèbre Rieur(Mauritshuis, La Haye) de Rembrandt, pour le dire. Tout au plus remarque-t-on dans un des visages du Groupe des régentes de l'hospice de vieillards, de Hals, un pinceau aussi turbulent, presque vangoghien, que celui laissé trois ans plus tôt par le génial leydois de Jodenbreestraat dans son Portrait de Margaretha de Geer (National Gallery, Londres).
Avant cela, on sera passé devant une joyeuse fanfare. Celle constituée par le Joueur de luth de Hals, par celui moins malicieux du caravagesque d'Utrecht Dirk van Baburen et de deux joueurs de cornemuse: le burlesque autoportrait du Flamand Jacob Jordaens (Fondation Roi Baudoin, Rubenshuis, Anvers) et le délicat portrait en musicien deFrancois Langlois (Barber Institute of Fine Arts, Birmingham) par l'Anversois émigré à la cour du roi d'Angleterre, Antoine van Dyck.
Cette réunion égale en beauté celle de portraits de nobles ou de grands bourgeois, exécutés par Rubens, van Dyck et, bien sûr, par Hals. Ici, ce dernier fait jeu égal dans la lumière, les étoffes noires à la mode espagnole et les visages fiers de puissants cadrés debout derrière leur fauteuil de cuir gaufré d'or.
Enfin, il triomphe, dans la salle principale, avec ses cinq grands portraits de milices civiles, chefs-d'œuvre du musée. Pour trouver mieux, il n'y a que Rembrandt et La Ronde de nuit, la Joconde du Rijksmuseum d'Amsterdam.
Jusqu'au 28 juillet au Frans Hals Museum, Haarlem (Pays-Bas). Catalogue en néerlandais et anglais aux éditions Nai010, 160 p., 25 €. Tél.: 00 31 [0] 23 511 57 75. www.franshalsmuseum.nl